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Publié : 14 janvier 2010
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5°/Analyse d’image:La diseuse de bonne aventure.

Analyse d’image

« La diseuse de bonne aventure » réalisée par Georges de La Tour

Il s’agit de « La diseuse de bonne aventure » réalisée par Georges de La Tour (signé en haut à droite
« G. de La Tour Fecit Lunevillae Lothar »), entre 1635 et 1638, huile sur toile, d’une hauteur de 102 cm et d’une largeur de 123 cm, conservée au Metropolitan Museum Of Art de New York.

1/ Ce que je vois :

C’est une scène de genre composée d’un groupe de cinq portraits, cadrés en plan moyen, plan américain, pas de décor, un simple fond tabac, et une source lumineuse venant de la gauche du tableau.

2/Ce que j’observe :

Jeux de regards :

Une vieille bohémienne s’apprête à lire les lignes de la main que lui tend un jeune homme riche et sûr de lui, au-dessus de son col blanc et
brodé bien propre,vêtu de buffle et de soie mais aux ongles bien sales (où elle va poser sur la paume de sa main une pièce de monnaie et lui dire l’avenir en le regardant dans les yeux).

Son regard surveille évidemment le jeune homme. Il est encadré par trois autres jeunes femmes :

Celle située entre lui et la vieille bohémienne présente un visage lissé à l’extrême, n’ayant presque pas de modelé. Il est simplement ouvert sur deux yeux qui fixent et surveillent le jeune homme. Le contraste est d’autant plus vif que sa face lunaire est violemment éclairée et tranche avec le visage incroyablement buriné et boucané de la vieille et avec les différentes matières des étoffes et des drapés.

La troisième jeune fille, à gauche du jeune homme, la plus typiquement bohémienne, dont les cheveux sont noués étonnamment, semble regarder soit le jeune homme, soit « face de lune ». La quatrième baisse les yeux vers sa main et nous offre la clé de ce tableau :

Ce n’est pas un simple jeu de regards, …

3/Ce que je comprends :

Jeux de mains, jeu de...

Les visages sont absolument statiques, hiératiques. Ils ne disent rien. Ils surveillent tout simplement.

Ce qui parle, ce ne sont ni les bouches, ni les yeux : ce sont les mains. Toute l’anecdote se déploie dans ce jeu habile des mains.

Les regards n’étaient que des prétextes. Le véritable dialogue, ce sont les mains qui le déclinent.

Regardez la main du jeune homme qui tend la pièce, la main de la vieille qui s’apprête à empocher la pièce : Juste dessous, les mains de la bohémienne « lunaire » coupent le cordon qui soutient une médaille, à l’aide d’une pince coupante.

La jeune fille au regard baissé n’est pas inactive non plus. Elle prélève furtivement une bourse, et va certainement la faire passer à la deuxième qui tend sa main dans l’ombre, juste sous le coude du jeune homme.

On ne peut que constater que le peintre, par la construction de son tableau et les regards des protagonistes, nous force à ne regarder que la partie supérieure de la composition, hors, tout se passe en-dessous, loin des regards.

Le spectateur peu attentif peut passer complètement à côté de l’intrigue même du sujet.

En parcourant ce tableau, on ne peut qu’admirer la virtuosité du peintre à représenter les broderies, les différentes matières textiles, comme l’étoffe extravagante dans laquelle la vieille bohémienne est drapée.